Malgré la popularité des régimes faibles en glucides, les sportifs d’élite continuent de miser sur ces nutriments pour améliorer leurs résultats. L’exclusion totale des glucides peut entraîner une baisse de puissance, une récupération plus lente et un risque accru de blessures. Les protocoles nutritionnels les plus récents recommandent des apports adaptés à l’intensité et à la durée de l’effort.
Certains athlètes tirent parti d’un timing précis des apports en glucides pour optimiser leur endurance et accélérer la récupération musculaire. Les stratégies diffèrent selon la discipline, mais une chose demeure : la gestion des glucides reste un levier central pour atteindre des performances optimales.
Comprendre le rôle clé des glucides dans l’alimentation sportive
Dans l’univers de la nutrition sportive, les glucides tiennent une place de choix. Ils alimentent l’effort comme aucune autre source d’énergie. Sitôt consommés, ils se transforment en glucose : une partie part directement soutenir le corps en mouvement, l’autre rejoint les stocks de glycogène dans les muscles et le foie. Ce sont ces réservoirs qui permettent à un sportif de tenir la distance, d’enchaîner les accélérations ou de finir fort sur la ligne d’arrivée.
On distingue deux familles principales de glucides, chacune ayant son rôle à jouer dans la performance.
- Glucides simples : on les trouve dans les fruits frais, les jus naturels, le miel. Ils sont vite assimilés et offrent un coup de boost immédiat, idéal en plein effort ou pour relancer la machine en cas de baisse de régime.
- Glucides complexes : présents dans les céréales complètes, les légumes, les légumineuses. Leur digestion plus lente assure une énergie régulière, précieuse lors des longues séances ou des compétitions d’endurance.
Mais l’intérêt des glucides dépasse la simple fonction de carburant. Après l’effort, ils accélèrent la reconstitution des réserves de glycogène et facilitent la récupération. Leur interaction avec les protéines et lipides influence la production d’ATP, la molécule qui alimente chaque contraction musculaire. Maîtriser l’index glycémique, choisir des sources variées et bien doser le moment de la prise : voilà les clés d’une stratégie nutritionnelle moderne où chaque détail peut faire la différence.
Pourquoi les athlètes ont-ils besoin d’un apport en glucides adapté ?
Chez les athlètes, les glucides ne se résument pas à une simple question d’énergie rapide. Les réserves de glycogène musculaire conditionnent la capacité à maintenir l’intensité ou à prolonger l’effort. Quand ces stocks sont presque vides, la performance s’effondre. L’hypoglycémie n’est jamais loin : lucidité en berne, muscles au ralenti. Un manque de glucides perturbe la récupération et force le corps à puiser dans ses protéines, au risque de fragiliser les fibres musculaires censées être réparées, pas sacrifiées.
Le bon dosage dépend de plusieurs facteurs : durée et intensité de l’effort, spécificité de la discipline, mais aussi niveau d’entraînement. Un coureur de fond devra recharger plus vite ses batteries qu’un sprinteur ou qu’un adepte du HIIT. Certains misent sur le carbo loading avant une course, d’autres testent le train-low, une méthode risquée où l’on s’entraîne avec peu de glucides pour solliciter davantage les graisses, mais au risque de tomber dans le syndrome RED-S lié au déficit énergétique.
Au-delà de l’énergie, les glucides protègent les muscles : ils évitent que l’organisme ne dégrade les protéines pour produire de l’ATP. Leur implication dans la synthèse musculaire et l’anabolisme s’avère indispensable, surtout en phase de récupération ou de progression. Adapter la quantité et la qualité des glucides selon la discipline et la charge d’entraînement permet de garder un corps prêt à performer, sans risquer l’épuisement ni la blessure.
Conseils pratiques pour intégrer les bons glucides à chaque étape de l’entraînement
Avant l’effort : miser sur la constance
Pour remplir les réserves de glycogène avant une séance, il vaut mieux choisir des glucides complexes. Leur assimilation lente assure une énergie qui dure et évite les fluctuations brutales de la glycémie. Associez-les à des protéines et un peu de fibres, histoire de stabiliser la digestion sans alourdir l’estomac.
- Petit-déjeuner type : flocons d’avoine, fruits frais, œufs.
- Déjeuner ou dîner : pâtes complètes, lentilles, légumes variés.
Pendant l’effort : la réactivité prime
Lorsqu’une séance dépasse l’heure, il devient judicieux d’apporter des glucides simples, comme le jus de fruits, le miel ou des boissons adaptées. Leur assimilation rapide aide à maintenir l’intensité et à prévenir les coups de fatigue en plein effort.
Après l’effort : restaurer et reconstruire
La période qui suit l’entraînement est idéale pour recharger rapidement les réserves. Associez glucides simples et protéines : un fruit, du lait, du pain complet ou du riz, avec une source de protéines, accélèrent la réparation des fibres sollicitées.
Le choix des glucides dépendra du type d’effort, de la tolérance digestive et des préférences personnelles. L’essentiel reste la variété, en alternant céréales complètes, légumineuses et fruits frais pour accompagner la progression sur la durée.
Mieux manger pour mieux performer : adopter des habitudes alimentaires gagnantes
Pour viser la performance sportive, rien ne remplace une alimentation équilibrée. Les glucides devraient représenter de 40 à 55 % de l’apport énergétique quotidien, ajustés selon la discipline, l’intensité, le calendrier ou les objectifs : prise de masse, perte de poids, amélioration de l’endurance. L’équilibre ne se joue pas à la calculette mais dans la régularité et la pertinence des choix alimentaires.
Associer glucides, protéines et lipides permet de soutenir l’effort, d’optimiser la récupération et de préserver la santé. Privilégiez les céréales complètes, les fruits frais, les légumes de saison, les poissons gras, les oléagineux. Gardez les glucides complexes pour une énergie stable et limitez, hors phases stratégiques, les glucides simples pour ne pas subir les montagnes russes de la glycémie et la fatigue qui suit.
Un excès de glucides n’est pas sans risque : il peut provoquer une prise de poids non désirée, des troubles digestifs ou des variations de la glycémie. Le ressenti physique reste le meilleur indicateur : jambes lourdes, difficultés à récupérer ou inconfort doivent inciter à réajuster l’alimentation.
L’hydratation complète le trio gagnant. Elle agit en synergie avec les glucides pour maintenir la performance, notamment lors d’efforts prolongés. Et le sommeil ? Impossible de faire l’impasse. Des apports favorisant le tryptophane stimulent la production de sérotonine et de mélatonine, renforçant la récupération et la défense immunitaire.
Au bout du compte, la performance ne tient pas qu’à l’entraînement : elle se joue aussi dans l’assiette, repas après repas. La route vers le sommet, elle, commence souvent par un simple choix de féculents. Pourquoi ne pas en faire un atout décisif ?

